Tu me vois là? Vois-tu comme je suis pathétique? Et ce maquillage coulant sur mes joues, ne me rend-il pas plus jolie? Pathétique je suis, hein, à toujours y croire. Moi, je suis là, ne voyant qu'une limite à notre amour. Tu es parti sans me regarder une dernière fois. Tu fuis comme un voleur. Tu l'avais dans tes mains, cette clé en argent. Celle que je t'avais donnée. Ce n'était pas la clé du bonheur, non, c'était celle de mon coeur. Et tu as joué au crétin. Tu l'as foutu dans la serrure, t'as tourné, t'as regardé, puis tu l'as jetée. Tu n'as même pas vu que, dans un petit coin sombre que toi seul pouvais éclairer, il y avait un petit mot griffonné, comme sur un Post-it qu'on oublie sur le frigo, par erreur. Griffonné de trois lettres. Toi. Tu ne t'es même pas reconnu, sombre idiot. Tu n'as rien vu, aveugle. C'est vrai, il y faisait noir. Mais putain, ton sourire illuminait tout. Tu ne l'avais donc pas compris? Je ne demandai pourtant pas grand chose. Je ne voulais pas un "pour toujours" murmuré au creux de mon oreille droite, ou gauche peu importe. Je ne voulais pas l'éternité, ni même ta fidélité. Je te voulais toi. Tes trois lettres. Tes yeux,ta bouche.. Je ne voulais aucune limite à notre amour. Je voulais un bonheur comme à Hollywood. Une idylle comme celle de Brady & Angie. Je souhaitais ton amour. Qu'il soit pur & vrai, c'est tout. Serait-ce trop compliqué? Tu ne pouvais pas me l'offrir, ça? Un brin de tendresse, une pincée de romantisme, un tout de toi. Non, toi, tu préfères marcher sous la pluie, aussi vite que tu le peux, en sachant qu'avec mes petits pas, je ne te rattraperai pas. Tu préfères aller je ne sais où, loin de moi. Tu préfères fuir, et me laisser sous la pluie. Tu restes de marbre devant mes larmes, devant cet orage, devant notre histoire. Tu m'emmerdes, pauvre nul. Tu m'emmerdes avec tes yeux aussi noir que le ciel qui gronde au dessus de nos têtes. Tu m'emmerdes avec ton polo que tu portes trop grand. Tu m'emmerdes avec ton sourire ravageur. Tu m'emmerde a rire de mes conneries. Si tu étais moche, si tu n'avais eu aucun charme, peut-être, alors, que j'aurais su résister. Mais non. Toi, tu sembles être encerclé d'un champ magnétique. Tout ce qui est petit, fragile, naïf, avec un coeur fissuré, toi, tu l'aimantes. Tu l'accroches. Et je suis là, accrochée, comme une conne, à courir après ce qu'on peut appelé "L'homme de ma vie". Ah, elle est belle notre histoire, hein. Tu te casses comme un voleur, et je m'effondre au sol. Retourne-toi, putain. Dis-moi que tu vas simplement chercher une baguette de pain, dans la boulangerie du centre ville. Je veux voir tes lèvres bouger, me souffler que dans vingt minutes, tu es sur le pas de ma porte, et que tu m'aimes. Allez, retourne-toi. Tu m'aimes, dis le. Tu ne m'aimes pas pour l'éternité, juste le temps qu'il faudra, mais tu m'aimes. Crie le..